Extrait de « Les Africains ne savent pas que leurs ancêtres étaient des bâtisseurs de civilisations dans l’adversité de l’esclavage ». Un article-entretien réalisé par Aminata Kassé Dioukhané avec le Professeur Ibrahima SECK du Département d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop.
L’eurocentrisme, c’est-à-dire l’histoire tel qu’elle est véhiculée du point de vue européen, a trop souvent été un outil au service d’un impérialisme féroce qui a causé beaucoup de mal à des peuples entiers à travers la planète, surtout en Afrique. Un meilleur enseignement de l’histoire de l’Afrique dans le monde entier aiderait donc à mieux connaître l’aventure humaine et combattre le racisme et l’exclusion.
La question des réparations est fondamentalement une question d’éducation et un meilleur enseignement du sujet de l’esclavage est éminemment un combat pour les droits humains. L’enseignement de l’héritage africain aux Amériques devrait occuper une place de choix dans les programmes scolaires à travers le monde car cette culture si dynamique a un impact certain sur les jeunes du monde entier, y compris l’Afrique où la culture se nourrit aussi de la production de ses diasporas, surtout la musique.
L’enseignement de l’histoire de l’Afrique doit aussi être renforcé dans les milieux noirs américains afin de permettre un meilleur enracinement, gage de fierté et de réussite pour la grande masse. La construction du panafricanisme n’en serait que revigorée et les retrouvailles entre la diaspora noire et l’Afrique permettra certainement de bâtir des communautés africaines et afro-américaines plus solides et conscientes de ce que leurs ancêtres ont apporté à la construction de ce monde sur tous les plans.
L’histoire globale du monde devrait être afro centrée tant il est scientifiquement prouvé que l’Afrique est le berceau du genre Homo, le berceau de la religion, le berceau de la production alimentaire tant végétale qu’animale, le berceau de la civilisation tout court.

