La 9ème édition de la Conférence mondiale de l’l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) a démarré ce mardi 13 juin au Cicad de Diamniadio sur le thème : « La transparence en transition ». Des décideurs mais également des professionnels de l’industrie et des membres de la société civile y assistent pour tenter d’améliorer la transparence et la redevabilité dans le secteur.
Le Premier ministre, qui co-présidait hier la cérémonie inaugurale, a insisté sur la nécessité pour les investisseurs dans l’industrie extractive d’un paiement juste des impôts. « Il faut que l’industrie extractive paie sa juste part d’impôt là où ses bénéfices sont réalisés », a martelé Amadou Ba.
Devant un parterre d’invités, il a expliqué pourquoi il est primordial de développer toute la filière des industries extractives en Afrique : « Il nous faut en même temps travailler davantage pour rompre le cercle vicieux de l’échange inégal qui fait de l’Afrique un réservoir de matières premières exploitées à bas coût, et dont une partie lui est ensuite revendue à des prix exorbitants. Il y a urgence à améliorer nos outils de production, y compris les infrastructures énergétiques, du numérique, de la logistique et du transport afin de soutenir la productivité de nos industries. »
A cet égard, le chef du gouvernement s’est félicité de l’adoption par l’Ocde, en octobre 2021, de l’Accord historique sur l’impôt minimum mondial de 15%, ce qui constitue à ses yeux une étape significative dans la lutte contre les pratiques fiscales anormales.
Le Sénégal exploite déjà des mines d’or et de zircon. Mais son économie va être transformée cette année avec le lancement de l’exploitation de ses gisements gaziers et pétroliers. Pour la société civile, adhérer à la norme Itie pour la transparence en 2013 a permis au Sénégal d’améliorer sa transparence, par exemple en publiant les contrats, mais l’État doit encore faire beaucoup d’efforts.
La question de la redistribution des ressources issues des exploitations minières est largement revenue, comme toujours, dans les débats. Une problématique qui préoccupe le président de la coalition « Publiez ce que vous payez ». Papa Fara Diallo insiste sur l’effectivité du reversement d’une partie des fonds issus des industries extractives aux collectivités territoriales comme le prévoit le Code minier sénégalais. « Malheureusement, ces fonds ne sont pas reversés depuis au moins 2009 et cela crée des suspicions sur la transparence. Cet argent qui a été collecté, on en fait quoi ? ».
La société civile demande aussi plus de transparence sur la liste des bénéficiaires effectifs dans la sous-traitance. Le PM Amadou Ba, de son côté, appelle à plus de sérénité dans le débat (local) sur la gestion des ressources naturelles. « Il est important que le débat sur l’exploitation des ressources naturelles reste sain, serein et informé, au lieu d’être parasité par la suspicion et des jugements de valeur sans fondement», plaide- il.

