La Banque mondiale a publié mercredi 22 juin son rapport sur la situation économique du Sénégal. Dans sa mise à jour, l’institution explique le ralentissement des performances économiques du pays par une baisse de l’investissement privé et des exportations mais également par la hausse des prix mondiaux des matières premières.
Dans son rapport annuel sur la situation économique du Sénégal, sous le thème » la lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité »., la Banque mondiale estime qu’« une baisse de l’investissement privé et des exportations, ainsi qu’une contraction du secteur agricole et de la production industrielle » sont à l’origine du ralentissement de l’économie sénégalaise en 2022.
Le Produit intérieur brut (PIB) réel en 2022 est descendu à 4,2 %, après une forte reprise post COVID 19 en 2021 à 6,5 %. La directrice pays de la Banque mondiale Keiko Miwa rassure cependant sur la résilience de l’économie sénégalaise dont « les perspectives macroéconomiques restent favorables » malgré de multiples crises.
« Les fortes pressions inflationnistes marquées par un impact non négligeable sur les ménages à faible revenu ont conduit à des mesures d’atténuation des chocs », a ajouté Mme Miwa lors de la présentation du rapport. Cette inflation a entraîné une hausse de la dette publique sénégalaise en 2022. En effet, les entreprises publiques du pays ont cherché à recourir aux emprunts pour financer les investissements, notamment dans le nouveau secteur du pétrole et du gaz, selon la fonctionnaire de la Banque mondiale.
L’institution de Bretton Woods affirme toutefois son optimisme sur les perspectives macroéconomiques malgré les conjonctures difficiles. Un « rebond de la croissance à 9,9 % est attendu en 2024 », une hausse qui serait tirée par une forte production industrielle en raison du début de l’exploitation des hydrocarbures.
« L’assainissement budgétaire est une priorité pour le Sénégal, au regard du durcissement des conditions financières sur les marchés régionaux et internationaux », a souligné Hélène Aminatou Ba, économiste de la Banque mondiale chargée du Sénégal et coauteure du rapport. Il permettra une réduction progressive du ratio d’endettement élevé sur PIB après 2023 même si le risque global de surendettement reste modéré selon elle.
La Bm suggère au Sénégal d’assurer une croissance inclusive, de renforcer l’assainissement budgétaire et la mobilisation des ressources domestiques mais aussi de réduire les exonérations fiscales. L’institution financière internationale encourage aussi notre pays à recourir aux partenariats public-privé pour financer ses investissements.

