Au moins 15 corps sans vie ont été retrouvés après qu’une pirogue a chaviré dans la nuit de dimanche à lundi au large de Dakar. C’est ce qu’a indiqué Samba Kandji, maire adjoint du quartier de Ouakam et une source de la gendarmerie.
« Ce sont des migrants à priori », a déclaré à l’AFP M. Kandji. Gendarmes et pompiers sont sur la plage de Ouakam, un quartier de la capitale sénégalaise, et continuent lundi matin les opérations de secours à la recherche d’autres corps, a constaté un journaliste de l’AFP.
« La marine a obligé l’embarcation à accoster et des gens se sont enfuis. On m’avait dit 14 (morts) mais après il y a eu deux corps sortis. On peut présumer qu’il y 16 » morts, a précisé à l’AFP quelques minutes plus tard M. Kandji.
Une embarcation en bois, à bord de laquelle se trouvaient les migrants selon plusieurs témoins sur la plage, flotte sur l’eau, près de la berge. Un pompier a assuré sous couvert de l’anonymat que les opérations de recherches avaient commencé à 01H00 locale et GMT.

Des témoins ont aperçu des pompiers récupérer un corps et le placer sur une bâche sur la plage sous le regard de plusieurs dizaines de badauds. Parmi eux, le jeune Amedy Moustapha Sene, 23 ans, qui rêve de devenir footballeur professionnel et de jouer en Europe.
« Je rêvais d’aller en Europe parce qu’il n’y a pas d’avenir ici. J’étais prêt à embarquer sur une pirogue, mais maintenant j’ai décidé d’émigrer légalement lorsque l’occasion se présentera », a-t-il confié, soulignant que les bateaux étaient trop risqués.
La route migratoire des Canaries, porte d’entrée vers l’Europe dans l’océan Atlantique, connaît ces dernières semaines un net regain d’activités au départ des côtes du nord-ouest de l’Afrique.
Plusieurs drames ont été recensés ces deux dernières semaines. Au moins treize migrants des environs de Dakar sont morts dans le naufrage de leur embarcation il y a environ une semaine au large du Maroc. Un autre bateau a chaviré à Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, faisant au moins quatorze morts.

