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    INTERNATIONAL

    Quand l’Afrique s’éveillera avec la Chine

    Mouhamad Rassoul NDIAYEBy Mouhamad Rassoul NDIAYE18 mars 2022Updated:10 février 2023Aucun commentaire6 Mins Read
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    Le 21e siècle s’annonce avec la créationdu FOCAC. Cetacronyme est l’incarnation des relations sino-africaines. A ce jour, le Forum pour la Coopération sino- africaine a connu sept éditions. La dernière en date du 29 au 30 Novembre 2021 à Dakar marque les 21 années de collaboration entre les parties. Comme rappelé par le ministère des Affaires étrangères chinois : « l’Afrique ne devrait pas être une arène de compétition entre les grands pays, mais une large plateforme de coopération internationale.

    Il est important de rappeler que le FOCAC a pour objectif le renforcement des investissements chinois pour moderniser les pays africains. Dans ce sens, l’Ambassadeur de Djibouti en Chine, M. Abdallah Abidilahi Miguil, estime que ces rapports ne sont que bénéfiques. Comme résultat, dans le domaine des infrastructures, la Chine a réalisé plus de 10. 000 Km de chemins de fer et plus de 100.000 km de routes en Afrique. Ces investissements, selon lui, vont favoriser l’intégration entre les communautés africaines, le dé- veloppement et la rencontre des
    différentes cultures.
    Toutefois, le sommet de Dakar en 2021 a eu un enjeu particulier. Il vient dans un monde bouleversé par la Covid 19 où les Etats ont eu énormément de difficultés à en faire face. C’est pourquoi, la dernière édition a été axée sur les problématiques sanitaires et agricoles, marquant ainsi une avancée importante de la Chine sur ces sujets.

    Elle illustre, par ailleurs, les relations que cette dernière entretient avec pays africains, en particulier sur le plan sanitaire avec la pandémie par l’envoi d’équipes et le financement d’infrastructures, à l’image du Centre africain de contrôle et de surveillance des maladies en Ethiopie à hauteur de 80 millions de dollar.

    L’hôte du dernier FOCAC, le Président Macky Sall, a insisté sur l’union pour amener le continent sur le chemin de la souveraineté pharmaceutique et médicale. Suite à la pandémie de la Covid 19, les pays  africains  ont  senti le nécessité voire l’obligation d’une souveraineté sanitaire qui ne serait que bénéfique pour le Sénégal. Ce qui fait alors toute la pertinence des mots du Président Sall. Le chef de l’Etat sénégalais a insisté sur les opportunités à saisir avec la Chine pour moderniser l’agriculture et en faire un « facteur d’émergence économique », renforcer l’apprentissage du numérique (l’un des autres axes forts du sommet, surtout dans sa partie économique), développer la capacité industrielle du continent en lui ouvrant le marché chinois et, objectif placé sous le double signe des Nouvelles routes  de  la  soie  voulues  par  la Chine et de la Zone de libre- échange continentale africaine (Zlecaf) récemment créée, renforcer encore la construction de nouvelles infrastructures.
    Les Présidents africains n’ont pas été que consommateurs durant ce sommet. Ils ont su montrer avec tact et intelligence, la place de  choix  que  l’Afrique  a aujourd’hui sur les scènes géopolitique et géoéconomiques mondiales.      L’homologue congolais du Président Macky Sall, Félix Tshisekedi, après avoir remercié la Chine pour son aide fidèle, estime et préconise que les  conditions  du  partenariat  et l’architecture de ce forum gagneraient   à   être    revues, afin notamment d’ouvrir plus largement le marché chinois aux produits africains.

    Dans cet élan, l’intervention ne trahit pas celles de ses paires également. Selon lui, la Chine doit coopérer avec l’Afrique « avec le respect qui sied ». C’est- à-dire à accentuer encore son effort en matière de construction d’infrastructures, de transfert de technologie et de rééquilibrage des échanges commerciaux. Comme pour leur répondre, ont été annoncées, par Xi Jinping, des mesures phares. Il propose ainsi de mettre en place des programmes concrets touchant des domaines stratégiques. Xi Jinping place la lutte contre le Covid au premier plan, annonçant la livraison d’un milliard de doses de vaccins à l’Afrique, dont 600 millions sous forme de don et 400 millions « sous d’autres formes ». Dans le but de justifier que le Focac est un excellent moyen de coopération, ont été annoncés des  projets  majeurs.  Il s’agit des projets en faveur du développement de  l’agriculture et de la réduction de la pauvreté, la promotion des échanges commerciaux via des « corridors verts » pour exporter des produits africains vers la Chine et atteindre un  volume  de  300  milliards  de dollars en trois ans, un encouragement des entreprises privées chinoises à investir sur le continent.

    Dans ce cadre plus pratique, il a été fait mention de projets concrets de soutien à l’innovation numérique, au développement vert, à la rénovation des écoles, des échanges culturels, un festival du cinéma africain en Chine et des festivals du cinéma chinois en Afrique. Une collaboration renforcée en matière de maintien de la paix et la sécurité est également au programme. La technologie a été parmi les points les plus importants des discussions du Focac de cette année, en termes de développement, de transfert d’expertise, d’infrastructures, ainsi que les questions de cybergouvernance et de cybersécurité des données, alors que la Chine a adopté, le 20 août, une loi sur la protection des données personnelles, entrée en vigueur le premier novembre de la même année.
    Par contre, sur l’engagement financier, Pékin a été circonspect cette fois.En effet, la Chine a engagé 60 milliards de dollars pour 2015 et 2018, mais les responsables chinois ont peu dit sur le montant qui sera engagé lors du sommet. Il est plausible de croire que le montant à engager ne sera pas aussi élevé que les précédents si on prend en compte la chute des prêts des banques politiques officielles de la Chine.

    Cependant, le pays de Mao n’a pas intérêt à revoir ce montant à la baisse ni à le maintenir au même niveau des précédents, eu égard au retour américain sur le continent, via les deux initiatives « Prosper Africa Initiative » et la « B3W Initiative ». Enfin, la question de la soutenabilité de la dette chinoise envers les pays africains n’est pas à l’ordre du jour, mais restera d’une importance vitale.
    Des domaines de coopération plus traditionnels, comme les ressources naturelles, l’agriculture, la santé sont certes cruciaux, mais, lors du Focac 2021, l’assistance numérique et technologique et l’initiative BRI (Belt and Road, littéralement ceinture et route) ont dominé les offres et discussions.
    Durant 20 ans de coopération Chine-Afrique, des projets concrets ont vu le jour. Toutefois, à l’avenir, les États africains devraient renforcer leur « pouvoir de négociation » et tirer parti de la position avantageuse et compétitive dans laquelle le Focac a placé le continent depuis son lancement en 2000. Sachant que le succès de ce forum a suscité de nombreuses initiatives similaires entre des pays africains et des partenaires aussi divers que les Etats-Unis, la Russie, l’Inde, l’Union européenne, la France, la Turquie et l’Indonésie.

    diplomatie
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