Joliba TV News, L’observateur Paalga, France 24, la Fédération des journalistes africains, RFI, Omega Médias, Le Monde, Wakat Sera, Libération… Trente organisations et médias africains et internationaux se mobilisent, en ce 3 mai, en faveur de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso. Ils interpellent les autorités de ces deux pays et la communauté internationale sur la nécessité de mettre fin aux pressions et aux menaces dont sont victimes les journalistes nationaux et étrangers sur leurs territoires respectifs.
Alors que les pressions et les menaces de mort visant des journalistes nationaux et étrangers se multiplient dans ces deux pays, les signataires de ce texte s’inquiètent des menaces qui planent sur la liberté d’expression et la liberté de la presse. « Les mesures prises par les autorités du Burkina Faso, surtout ces derniers mois, sont de nature à remettre en cause le droit fondamental des citoyens à être informés », écrivent-ils dans ce texte collectif. « La liberté commence là où finit l’ignorance », ajoutent-ils, en rappelant les arrestations et les emprisonnements de journalistes et de leaders d’opinion intervenus récemment au Mali.
« Au Burkina Faso comme au Mali, ces attaques sont de plus en plus relayées sur les réseaux sociaux par des ‘influenceurs’ favorables aux régimes militaires de ces deux pays, qui jouent aux justiciers et n’hésitent pas à menacer de mort les journalistes et leaders d’opinion trop indépendants à leurs yeux », s’alarment encore les signataires de la lettre. Lesquels comptent dans leur rang des organisations de défense des droits des journalistes, telles que l’Union internationale de la presse francophone (UPF) ou la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), ainsi que des organisations de défense des droits de l’Homme, telle que Human Rights Watch et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).
En citant le quotidien burkinabè L’Observateur Paalga, les auteurs de la lettre ouverte affirment que « l’instauration d’un régime de terreur s’accompagne d’une vague de fake news qui inondent les réseaux sociaux de contre-vérité ». Selon eux, « les premières victimes de ces ‘influenceurs’ sont les populations malienne et burkinabè, qui sont privées de débat démocratique. »
Se disant « conscients de leurs responsabilités », mais aussi de « la complexité politique, géopolitique et militaire » dans ces pays, les 30 signataires affirment : « La lutte contre le terrorisme ne doit en aucun cas servir de prétexte pour imposer une nouvelle norme de l’information et pour restreindre les droits fondamentaux des populations malienne et burkinabè à rechercher et à avoir accès à l’information par le biais des médias professionnels et indépendants ».
Ils appellent les deux gouvernements de transition à respecter les engagements internationaux de leurs pays dans le domaine de la liberté d’expression, en particulier la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
La rédaction de cet « appel des trente » a été coordonnée par le bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières (RSF).

