Les Maliens ont approuvé avec 97% des voix le projet de nouvelle Constitution. C’est ce qu’a annoncé vendredi l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige), qui a proclamé les résultats du vote tenu le dimanche 18 juin.
C’est une victoire écrasante, comme on pouvait s’y attendre. Ceux qui se sont mobilisés sont les partisans des autorités de transition et de leur projet de nouvelle Constitution. Ceux qui y étaient opposés ont préféré boycotter le scrutin, comme de nombreux partis d’opposition les y appelaient. Le taux de participation s’élève à 39,40%, a annoncé l’autorité électorale.
La participation est traditionnellement faible au Mali mais le vote, qui a eu lieu dimanche, a aussi été entravé dans de nombreuses localités du centre et du nord, soit par la crainte des attaques jihadistes, soit par des désaccords politiques. Les observateurs électoraux avaient de leur côté estimé à 28% le taux de participation.
Les détracteurs du projet le décrivent comme taillé sur mesure pour un maintien des colonels au pouvoir au-delà de la présidentielle prévue en février 2024, malgré leur engagement initial à rétrocéder la place aux civils après les élections. Elle renforce les pouvoirs du président, fait la part belle aux forces armées et met en exergue la « souveraineté », mantra de la junte depuis son avènement puis la rupture avec l’ancienne puissance dominante française et le pivotement vers la Russie.
L’autre enseignement des chiffres proclamés par l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) ce soir. Les militaires, qui ont fait l’objet d’un scrutin anticipé le 11 juin, une semaine avant le reste de la population, ont participé à plus de 73%. Et ils ont voté « oui » à près de 94%. C’est beaucoup, mais c’est donc moins que le reste de la population, ce qui peut sembler étonnant.

