La 63ᵉ session de la conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest s’est achevée en fin de journée dimanche. Le président du Nigeria, Bola Tinubu, a été élu à l’unanimité nouveau président en exercice de l’organisation. Il succèdera l’an prochain au bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo.
La présidence de l’organisation régionale devait revenir à un pays francophone, selon les règles de fonctionnement… on murmurait les noms du Bénin ou du Niger, mais la préférence est allée au Nigeria, pays anglophone, leader et poids lourd de la sous région. Il n’y a pas eu d’opposition même si la Sierra Leone rêvait de décrocher la timbale. Avant l’ouverture des travaux, les chefs d’État se sont vus pour confirmer le choix de Bola Tinubu, président depuis seulement le mois de mai dernier. Selon un diplomate bien informé, son prédécesseur Muhamadou Buhari n’a pas eu l’implication souhaitée sur les dossiers Cédéao quand il était aux affaires.
S’exprimant lors d’un sommet à Bissau après avoir été nommé président de l’organisation du bloc de l’ouest, M. Tinubu, a déclaré que les membres de la CEDEAO poursuivraient une intégration économique « inclusive » au cours de l’année à venir, avertissant, d‘après lui, les exploiteurs que le peuple africain a suffisamment souffert.
Bola Tinubu a également décrit la démocratie comme étant « la meilleure forme de gouvernement », bien qu’elle soit « très difficile à gérer ».
Le président du Nigeria est résolument contre les coups d’État et ne soutient pas l’installation de militaires au pouvoir par ce biais. Et il utilise des morts forts, des formules chocs : pour lui comme pour ses pairs, les juntes malienne, guinéenne et malienne doivent respecter le chronogramme de sortie de crise qu’ils ont élaboré. À Bissau, Bola Tinubu a déclaré que la démocratie sera le socle de son action à la tête de l’institution sous-régionale.
Trois membres de la CEDEAO (le Mali, la Guinée et le Burkina Faso) ont subi cinq coups d’Etat depuis 2020. Omar Alieu Touray, président de la commission de la CEDEAO, a exhorté les juntes ces trois pays à respecter les délais convenus pour remettre le pouvoir à des dirigeants civils.
Il a ajouté que des sanctions pourraient tomber dans le cas où ces transitions échouaient.
Avec Africanews et Rfi

