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    Home»ACTUALITÉS»Tunisie : délogés, attaqués et expulsés, les Subsahariens ne sont plus les bienvenus à Sfax
    ACTUALITÉS

    Tunisie : délogés, attaqués et expulsés, les Subsahariens ne sont plus les bienvenus à Sfax

    La Revue de DakarBy La Revue de Dakar20 juillet 2023Updated:20 juillet 2023Aucun commentaire6 Mins Read
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    Des migrants subsahariens attendent un train à destination de Tunis, à la gare de Sfax. @HOUSSEM ZOUARI / AFP
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    Officiellement, c’est la mort d’un jeune Tunisien qui a déclenché les violences contre les migrants, cibles de véritables chasses à l’homme depuis début juillet. Mais cette flambée de haine jaillit après des mois de tensions.

    En cette fin d’après-midi de juillet, le café de Chokri, situé dans le centre-ville de Sfax, est quasiment vide. Seule une poignée de clients, tous tunisiens, sont attablés à l’abri d’un soleil encore brûlant après une nouvelle journée de canicule. Mais la chaleur suffocante n’est pas la seule raison de cette désaffection. « A cette heure-ci, il y a quelques semaines, vous auriez trouvé des dizaines d’Africains subsahariens. Maintenant, il n’y a plus personne », observe le tenancier.

    Depuis début juillet, les migrants sont la cible de véritables chasses à l’homme dans la deuxième ville de Tunisie. Expulsés de leur domicile par les habitants, attaqués par certains d’entre eux, emmenés de force en plein désert par les forces de l’ordre : jamais pareil niveau de violence contre les migrants originaires d’Afrique subsaharienne n’avait été atteint dans le pays. Officiellement, c’est la mort d’un jeune Tunisien, tué le 3 juillet dans une rixe avec des migrants, selon le parquet, qui a mis le feu aux poudres. Mais en réalité, cette flambée de haine jaillit après des mois de tensions entre Tunisiens et Subsahariens.

    Pour Zied Mellouli, un militant connu pour avoir lancé le mouvement citoyen « Sayeb Trottoir » (« lâche le trottoir »), le « problème » des migrants s’est aggravé depuis 2022. « Avant, on vivait paisiblement avec les Subsahariens, on leur louait nos maisons, ils travaillaient ou étudiaient ici, il n’y avait pas de problème. Mais tout à coup, leur nombre s’est décuplé et leur présence dans les quartiers populaires et sur les marchés a créé des tensions », justifie-t-il.

    Règlements de comptes

    Située à quelque 150 kilomètres de l’île italienne de Lampedusa, la région de Sfax connaît, depuis quelques années, une hausse significative des départs de migrants subsahariens vers l’Union européenne (UE). L’évolution des chiffres officiels communiqués par la garde nationale tunisienne illustre cette tendance. En 2019, 3 719 personnes avaient été interceptées en mer par les gardes-côtes, dont deux tiers de Tunisiens. En 2022, ce nombre a été multiplié par dix, dont deux tiers venant d’Afrique subsaharienne. Cette tendance s’est encore accentuée durant les six premiers mois de 2023, avec plus de trente mille migrants subsahariens interceptés, contre à peine cinq mille Tunisiens.

    Avec cette augmentation importante du nombre de candidats à l’exil, les tensions liées au trafic juteux des passeurs et des intermédiaires, aussi bien tunisiens que subsahariens, se sont exacerbées. Selon plusieurs témoignages recueillis auprès d’habitants du quartier populaire de Haffara et de candidats au départ, les rixes opposant d’abord des migrants entre eux, puis à des Tunisiens, se sont multipliées, sur fond de règlements de comptes ou de problèmes de voisinage.

    Les traversées opérées depuis la côte entre Sfax et Mahdia, à quelque 90 kilomètres au nord, sont devenues quotidiennes et plus abordables. Des barques en métal, moins stables mais moins coûteuses, sont utilisées, permettant de ramener le coût de la traversée dans une fourchette comprise entre 1 000 et 1 500 dinars (de 290 à 440 euros) par personne et de multiplier le nombre de départs. Chaque jour, des dizaines d’offres de traversée sont publiées sur les réseaux sociaux, principalement par des ressortissants d’Afrique subsaharienne. Selon le porte-parole de la garde nationale, environ 1 500 passeurs et intermédiaires ont été arrêtés par les autorités tunisiennes entre janvier 2022 et juin 2023, majoritairement des Tunisiens.

    Dans ce contexte, une campagne contre la présence de migrants subsahariens, particulièrement à Sfax, a été lancée fin 2022 par le Parti nationaliste tunisien, un microparti aux idées xénophobes qui reprend des théories d’extrême droite déjà connues en Europe, telles que celle du « grand remplacement ». Une idéologie reprise par le président Kaïs Saïed. En février, il a accusé des « hordes de migrants clandestins » de vouloir « changer la composition démographique de la Tunisie » et d’être source « de violence, de crimes et d’actes inacceptables ». En reprenant à son compte ces théories racistes, le chef de l’Etat a déclenché une première vague d’attaques et d’expulsions d’Africains subsahariens. Plusieurs centaines d’entre eux avaient alors été rapatriés par leurs pays respectifs à bord de vols affrétés en urgence.

    Cas de tuberculose

    A Sfax, Zied Mellouli se défend de s’inscrire dans la même idéologie que le Parti nationaliste tunisien, mais estime que la présence des migrants constitue un « danger pour les habitants » et qu’ils sont à la fois à l’origine de violences dans les quartiers populaires et « vecteurs de maladies ». Cette crainte a été confortée le 23 juin par le directeur régional de la santé à Sfax, qui a annoncé soixante-neuf cas de tuberculose, dont cinquante-cinq chez des migrants d’Afrique subsaharienne. A la suite de cette déclaration, deux manifestations antimigrants ont été organisées à Sfax, le 25 juin, réunissant plusieurs centaines de personnes. C’est quelques jours plus tard qu’est survenue la mort du jeune Tunisien.

    Durant deux nuits consécutives, certains quartiers de la ville ont alors été le théâtre de violents affrontements, et des habitants se sont regroupés pour s’attaquer aux migrants et les déloger. « Des jeunes sont venus chasser des familles entières, les immeubles ont été vidés, on leur a demandé de se mettre en rang, on les a humiliés », raconte Chokri, le cafetier du centre-ville. Dans le même temps, des agents de la garde nationale ont déplacé des centaines de migrants – dont certains en situation régulière – dans des zones désertiques et inhospitalières aux frontières avec la Libye et l’Algérie, sans eau ni nourriture, selon des témoignages concordants recueillis par Le Monde.

    Malgré les faits rapportés par des médias et des organisations internationales – dont Human Rights Watch, qui a appelé à « enquêter sur les forces de sécurité impliquées dans les abus et à les traduire en justice » –, la Tunisie continue de nier l’existence de ces déplacements forcés.

    Le calme est progressivement revenu à Sfax, mais les conséquences sont lourdes pour ceux qui y vivent toujours. A Bab Jebli, une entrée de la vieille ville, plusieurs dizaines de migrants subsahariens tentent de s’abriter du soleil. Quelques Tunisiens leur apportent de l’eau et de la nourriture, sous la surveillance de policiers. Omar et son groupe sont là depuis une semaine, après avoir été expulsés de chez eux en pleine nuit. « On a dû fuir sans rien prendre avec nous », rapporte le Camerounais de 25 ans, qui vivait dans un des nombreux logements de la ville où des migrants subsahariens résidaient en colocation.

    Pour ceux qui ont conservé un logement ou un travail à Sfax, les discriminations sont nombreuses et quotidiennes. Selon Franck Yotedje, directeur de l’association Afrique Intelligence, qui œuvre pour la défense des droits des migrants, plusieurs ressortissants subsahariens paient désormais des loyers supérieurs aux prix du marché et sont souvent empêchés d’utiliser les transports en commun ou des taxis. « On a établi un rapport racial. Ce qui arrive aujourd’hui aurait été intolérable il y a quelque temps, dénonce-t-il. Ce n’est pas seulement l’expression d’une colère : l’objectif initial était de chasser les migrants. Cet objectif est en partie atteint. » 

    Le Monde Afrique

    #Migrants #Subsahariens #Tunisie
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