Le film « Banel et Adama » de la réalisatrice franco-sénégalaise Ramata Toulaye Sy a été retenu dans la sélection officielle de la 76e édition du festival de Cannes, prévue du 16 au 27 mai prochain. La liste des 16 films en compétition officielle a été dévoilée jeudi lors d’une conférence de presse animée par le délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux.
« Banel et Adama » est le premier film da la cinéaste sénégalaise. Il « est à la lisière de l’expérimentation » et « offre un cinéma tout à fait fort et singulier […] », a annoncé le délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux.
Il ajoute que Ramata Toulaye Sy est la deuxième jeune cinéaste sénégalaise qui vient en compétition officielle au festival de Cannes, après la cinéaste Mati Diop en 2019. « Atlantique », le film que cette dernière avait présenté sur la problématique de l’émigration, avait remporté le Grand prix du jury du festival de Cannes.
Ramata Toulaye Sy, la figure de proue de toute une génération
En tant que femme et par la fulgurance de son ascension – un premier film à 36 ans -, la Franco-Sénégalaise Ramata Toulaye Sy, née à Paris de parents sénégalais, sera la figure de proue de cette jeune génération de réalisateurs africains et de ce changement inédit dans l’histoire du cinéma africain à Cannes.
Depuis longtemps, le nom de Ramata Toulaye Sy a fait son apparition en tant que scénariste, mais cela fait très peu de temps que celle qui a obtenu un master Arts du spectacle mention cinéma et audiovisuel à l’université Paris Nanterre, assume aussi le rôle de réalisatrice. Avec son talent de scénariste, elle a assisté et appris en 2018 aux côtés de la réalisatrice turque Çagla Zencirci et du réalisateur français Guillaume Giovanetti pour leur film Sibel. En 2019, elle a préparé avec Atiq Rahimi l’adaptation du livre de l’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga, Notre-Dame du Nil.
« Banel et Adama », l’histoire d’un couple, racontée par une cinéaste-féministe
Le film « Banel et Adama » est le premier long métrage de Ramata Toulaye Sy, qui a aussi réalisé « Astel », un court métrage multiprimé à travers le monde et qui a remporté le Tanit de bronze lors des dernières Journées cinématographiques de Carthage en Tunisie.
Et comme avec Astel, le message de Banel et Adama, interprété par Mamadou Diallo et Khady Mane, sera universel. Ce long métrage d’une durée d’une heure et quarante minutes a été tourné en langue pulaar, avec des acteurs professionnels et non professionnels, et avec des techniciens presque exclusivement sénégalais.
L’histoire de Banel et Adama nous plongent dans la vie d’un jeune couple dans un petit village reculé, au nord du Sénégal. Un amour secoué par les passions des cœurs et des corps, mais aussi par les contraintes d’une société traditionnelle.
« Le film raconte une histoire d’amour presque impossible dans le Fouta où les traditions et les valeurs traditionnelles mettent une pression aux jeunes amoureux qui veulent vivre leur amour. C’est une histoire entre modernité et tradition chez les Peuls au Fouta », explique Souleymane Kébé, l’un des producteurs de ce film.
« C’est un film sénégalais qui va représenter le Sénégal mais il y a aussi [que] des coproducteurs français et maliens » ont contribué à sa réalisation, souligne Souleymane Kébé.
Avec sa percée spectaculaire au Festival de Cannes, la jeune réalisatrice franco-sénégalaise Ramata Toulaye Sy incarne le changement de paradigme pour la jeune génération de réalisateurs africains.

