Le ndeupp, rituel collectif d’exorcisation et de réintégration pratiqué par les Lé-bous du Sénégal rappelle le candomblé, un rite similaire pratiqué au Brésil. Le ndeupp a cette autre caractéristique propre aux cultes auxquels il s’apparente ( le lup sérère ou le vaudou haïtien) d’être un rite qui célèbre la terre et les ancêtres réels et spiritualisés qui légitiment leur présence sur cette terre. Le mythe fonctionne aussi comme le révélateur d’une cosmogonie écologiste très ancrée chez les Lébous.
Les éléments de l’environnement du lébou traditionnel (la terre, l’océan, les arbres et autres animaux de milieu) occupent toujours dans ce culte une place importante. Un chercheur lébou qui est aussi un natif de Yoff, M.E, Malick Sarr témoigne : « Durant une semaine les séances de « ndeupp » sont organisées pour réjouir … les autres génies sont conviés à la danse par les personnes qu’ils possèdent tel le génie phacochère ou lion introduisant dans le corps de la femme en transe (…) Au matin du troisième jour deux globicéphales (guillar) échouaient sur le rivage à la grande joie des habitants du village du Yoff. L’apparition de ces grands poissons n’est pas un fait du hasard. L’événement est assez significatif. C’est la preuve que le génie Mame Ndiaré sensible aux égards de son peuple lui offre en retour sa contribution aux réjouissances.

