Depuis l’époque où elle était étudiante, Marie-Angélique SAVANÉ n’a cessé d’arpenter les sentiers escarpés des luttes politiques et sociales pour défendre les causes qui lui semblent justes. A travers son combat militant, elle s’est forgé une personnalité trempée.
Au Sénégal, Marie-Angélique SAVANÉ ne laisse personne indifférent pour avoir participé, pendant plus d’un quart de siècle, au combat politique de son mari, Landing SAVANÉ, leader d’un Parti dénommé AJ/PADS.
Mme SAVANÉ, sociologue de formation, s’est également illustrée par son engagement au sein du mouvement féministe. Elle s’est opposée fermement aux tentatives visant à confiner la femme sénégalaise dans une position d’éternelle cadette sociale. « Ma génération s’est trouvée dans un contexte historique particulier, celui de la fin des années 60. Il y avait à l’époque peu de femmes africaines qui avaient la possibilité de s‘exprimer en anglais et en français. Dans la mesure où j’étais bilingue, je me suis trouvée pratiquement impliquée dans toutes les réflexions et discussions en cours ». Ce témoignage de Marie-Angélique SAVANÉ résume la richesse d’un parcours professionnel et d’un engagement militant. Née à Dakar, elle effectue ses études primaires à l’école Notre Dame. C’est à Dakar qu’elle poursuit son cursus secondaire avant d’intégrer les grandes écoles préparatoires françaises après l’obtention de son Baccalauréat. “Je voulais m’inscrire en médecine. Mon père souhaitait me voir faire droit. J’ai profité de la bourse de Senghor pour aller à l’étranger”, explique Mme Marie-Angélique SAVANÉ.
En France, en dehors des études, elle consacre le plus clair de son temps à des activités politiques et syndicales. Elle a d’ailleurs été la première femme sénégalaise à intégrer les structures de direction du mouvement étudiant. C’est en France également qu’elle rencontre Landing SAVANÉ, dans le cadre du mouvement social. Après leur mariage, Marie Angélique s’implique activement, aux côtés de son mari, dans le combat politique. Ce qui lui vaut quelques séjours dans les geôles de Senghor.
Marie-Angélique SAVANÉ mène de front le combat politique et les activités professionnelles. Après avoir été consultante sur le planning familial, les questions de genre en Afrique, elle a assumé la fonction d’assistante de recherche au sein d’un programme du bureau de l’UNESCO à Dakar.
De 1974 à 1978, elle a occupé la fonction de rédactrice en chef du magazine “Famille et Développement”. Par la suite Mme SAVANÉ a dirigé des travaux de recherches à l’Institut de Recherches des Nations Unies sur le Développement Social, avant de devenir conseiller spécial auprès du Commissaire des Nations Unies pour la Commission des Réfugiés.
Marie-Angélique SAVANÉ s’est également engagée dans la lutte pour l’émancipation de la femme, surtout dans le cadre du mouvement “Yewu Yewi” (littéralement s’éveiller se libérer). Cet engagement l’a amené à prendre de nombreuses initiatives, notamment la création de l’Association des Femmes africaines pour la Recherche et le Développement et celle de l’Association Africaine des Femmes Journalistes. En 1977, en collaboration avec le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences sociales en Afrique, elle a dirigé le groupe de travail sur “les femmes et le développement” dont l’objectif consistait à intégrer la question du genre dans l’ensemble des cadres de recherche en sciences sociales. Le projet d’avenir de Marie Angélique : écrire un livre sur son expérience. Pour concrétiser ce projet, il lui faudra trouver du temps. Cela sera difficile pour cette militante qui n’hésite pas à aller au charbon pour faire triompher ses idées. Contre vents et marées, parfois. Ainsi, lors des élections locales, malgré la présence de son mari dans le gouvernement, elle se présente contre la liste du Parti du Président Wade (Pds) et devient conseillère municipale…. de Dakar.

