Le Boy Médina. C’est ce prototype de dakarien, sénégalais dans l’âme et porteur, comme un poète de la douleur collective, des valeurs les plus purs de ce pays.
Ils sont nombreux, au pays (ou quelque part dans le monde), encore vivant ou ayant quitté ce bas monde pour l’éternité, à toujours et partout réclamer et déclamer leur statut de…Boy Médina… Dans ce lot des « fils bénis de Dieu » : Pierre Goudiaby Atepa, l’enfant de la rue 7angle 12 devenu le célèbre architecte bâtisseur du Monument de la renaissance qui a dédié son œuvre la Porte du 3e Millénaire aux habitants de son quartier contigu, la star planétaire ; l’écrivain Boubacar Boris Diop ; Youssou Ndour qui est né non loin dans une maison en face du cimetière « Batoir »; le footballeur international qui a fait les beaux jours des débuts du Paris Saint Germain Boubacar Sarr « Locotte », ancien du Stella de Dakar, devenu Dial Diop Sporting Club, l’autre équipe fanion de la Médina. Mais aussi leur ainé et non sénégalais tout aussi au parcours exceptionnel, Seydou Madani Sy, professeur émérite de droit constitutionnel féru de philologie romane, premier Recteur africain de l’Université avant de devenir chef de la Diplomatie du Sénégal et de vêtir son manteau d’Ombudsman, c’est-à-dire Médiateur de la République.
Celui qui se dit Boy Médina se sait leader-né. Le Boy Médina ne se réalise et réalise rien que dans la pleine conscience de son quasi statut d’investi de primauté. C’est-à-dire d’un héros de crise dont le destin premier est, comme disait le poète « de se faire peuple avec peuple ». Et d’être premier toujours et partout et comme pour signifier la force première de qu’il doit comme legs, à ce bout de terre, symbole de cette diversité riche de tous les apports.

