Ancien co-pilote de rallye et figure de la Formule 1 vient d’achever une tournée au Sénégal et en Côte d’Ivoire, les deux pays ont récemment été endeuillés par des accidents particulièrement meurtriers. Dans un entretien accordée à Radio France Internationale à Dakar, Jean Todt évoque l’objectif de réduire de moitié les victimes de la route d’ici à 2030 notamment sur le continent africain et les moyens d’y parvenir.
« Pour faire une comparaison, pour une population de 100 000 habitants, il y a 25 morts tous les ans en Afrique, comparé à l’Europe, il y a 5 morts pour 100 000 habitants. C’est échelle par cinq », a révélé d’emblée l’envoyé spécial d’Antonio Guterres. Sur les raisons de cette ampleur dramatique, il cite le manque d’éducation, le déficit d’application des lois, la qualité des véhicules, la qualité des routes, la qualité des secours.
L’émissaire de l’ONU déplore le fait qu’il y ait des choses extrêmement simples comme attacher sa ceinture de sécurité qui ne sont pas respectées. C’est le cas notamment au Sénégal où il constate que le port du casque est aussi très négligé : « si vous sortez de cette pièce où nous sommes, vous allez voir tous les deux-roues sans casque. Les quelques casques que vous pouvez voir, souvent ne sont pas aux bonnes normes. C’est plus une casquette qu’un casque ».
Selon le responsable onusien, il faut éduquer et faire appliquer les lois, parce que les lois existent. Le port du casque est obligatoire, le contrôle de la vitesse, le fait de téléphoner en conduisant ou encore le fait d’être sous l’influence de l’alcool ou de la drogue en conduisant sont bien réprimés dans les textes. « Si les États arrivent à contrôler ces éléments, l’objectif de diviser par deux le nombre de victimes sera atteint », assure-t-il.
Vétusté des véhicules et état des routes
Concernant le contrôle de la vitesse, « il suffit d’avoir une police diligente et de pouvoir acheter quelques radars, de toutes les manières qui seront rapidement compensés par les pénalités qu’auront à payer tous les offenseurs de la route », a estimé Jean Todt.
La vétusté du parc est également un constat fait par l’émissaire onusien. « Il y a des véhicules anciens qui sont déjà dans le pays, donc, là, il faut procéder à des contrôles techniques. Puis, il y a des véhicules qui sont importés, il faut effectuer un contrôle avant que le véhicule soit rendu disponible aux futurs acheteurs ».
Parmi les autres problématiques de sécurité routière évoquées par Jean Todt, il y a les pneus d’occasion importés qui provoquent de graves accidents ainsi que les difficultés pour les États de veiller à l’application stricte des mesures de sécurité. Le cas du Sénégal est évoqué après la reculade du gouvernement sur certaines mesures visant à limiter les accidents après les drames successifs notés en début d’année.
Sur ce point, l’envoyé spécial onusien estime que si la prévention est insuffisante ou si les gens ne veulent pas écouter, il faut des sanctions. Prônant ainsi la dissuasion, Jean Todt est d’avis qu’il est important de « savoir que si on fait une erreur, il y aura des conséquences ».
Avec Rfi.fr

