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    Industries Culturelles et Créatives

    « La formation, clé de toutes les formes de transmissions ! » Baaba Maal, lead-vocal du « Daandé Lénol »

    Ousmane Noël MBAYEBy Ousmane Noël MBAYE26 octobre 2022Updated:12 mars 2023Aucun commentaire11 Mins Read
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    Depuis 37 ans, il traverse les continents, guitare en bandoulière, drapé demajestueux costumes africains pour porter au toit du monde la culture peulh. Le dépaysement est inconnu de Baaba Maal. Où qu’il soit, son Fouta natal n’est jamais loin de l’artiste. Baaba Maal réussit toujours à transposer son environnement culturel naturel partout où il se trouve, même dans les coins les plus reculés du monde. Tout, autour de l’artiste renvoie à la culture africaine et pulaar cher à lui. Baaba est une icône nomade, un des plus valeureux ambassadeurs de la musique peulh. Au Zénith de Paris le 28 mai dernier, l’enfant de Podor a servi un somptueux spectacle comme à son habitude, pour fêter la longévité d’un combat pour l’identité culturelle africaine dans le monde. Dans cet entretien exclusif, Baaba Maal s’est ouvert sans détour, faisant part, entre autres, de son inquiétude pour la relève.

    Baaba, le « Daandé Lénol » est encore jeune à 37 ans mais il fait déjà beaucoup parler de lui dans le monde, était-ce difficile d’arriver à ce niveau de matu- rité ?

    Je rends grâce à Dieu qui m’a permis toutes ses années durant de vivre intensément ma passion artistique, dans la paix et la santé.

    « Le Daandé Lénol » est né d’une passion encore vivace de défendre la culture peulh avec des rêves par- fois surdimensionnés mais tou- jours animés par la conviction et l’envie de servir et bien servir son peuple. Il y a eu bien évidement des projets qui ont bien marché, d’autres un peu moins, mais cela ne nous a, pour autant, jamais dé- couragé à toujours vouloir aller de l’avant. Sur le plan profession- nel, il y a eu également beaucoup d’ouvertures dans le monde avec la rencontre d’artistes de renoms, de personnalités et autres fi- gures emblématiques comme en Afrique, en Europe, en Asie et en Amérique. Je rends également un hommage mérité aux musiciens du « Daandé Lénol » qui ont très tôt compris que cet orchestre est avant tout un projet culturel pa- nafricain pour la renaissance et la reconnaissance de la culture peulh. Ensemble, nous avons eu l’occasion de faire la connaissance et partager de grandes scènes avec des icônes comme Carlos Santana, Bono, Brian Eno, la famille de Bob Marley (sa mère, son épouse, ses enfants, ses petits-enfants)… Dans notre carrière riche en rencontres et en découvertes, Dieu nous a également gratifié d’une notoriété ayant permis d’établir des colla- borations durables avec de hautes institutions mondiales sur des questions essentielles liées à l’hu- manité. Il n’est pas facile de com- biner cette vision économique, industrielle d’un orchestre avec un combat pour l’identité culturelle d’un peuple nomade comme le nôtre. Ce combat pour une idéolo- gie culturelle nous emmène assez souvent à nous produire dans les villages les plus reculés du Sénégal et de l’Afrique parfois dépourvus d’électricité et/ou d’eau. Depuis plus de 37 ans nous tenons bon et continuons du mieux que nous pouvons à apporter notre contri- bution dans l’élaboration et la ré- alisation d’importants projets de développement dans les secteurs de la santé, de l’environnement, des infrastructures etc. C’est un lourd fardeau, un sacerdoce que de porter l’espoir d’un si grand peuple exigeant et fier. J’ai une pensée particulière pour toutes les personnes, musiciens, collaborateurs, fans et famille qui nous ont quittés en cours de route et qui comme nous croyaient aussi fortement au projet du « Daandé Lénol ».

    Le mélange de genres musi- caux est-ce un style particulier au « Daandé Lénol » ou simple- ment un code imposé par l’in- dustrie musicale mondiale ?

    Je suis de nature très curieux. Je déteste la monotonie. Je suis ouvert à tous les styles musicaux d’où qu’ils peuvent me parvenir, du Boundou à l’Indonésie à l’autre bout du monde, en passant par le Fouta Djalon, le Macina etc. Toutes les musiques me parlent avec des ressentis différents et innovants. Mes périples dans le monde m’ont permis d’aller à la rencontre d’autres styles de mu- siques avec lesquels j’avais envie de mieux comprendre le lien avec nos racines africaines. Cette cu- riosité artistique que je pense légi- time m’a poussé jusqu’à la musique électronique que l’on retrouve également dans certains de mes albums. La connexion avec d’autres genres musicaux est réelle et natu- relle. Le jazz, le blues et le reggae sont innés chez les africains. C’est pourquoi, dans mon duo avec le comédien jamaïcain Makabi dans « Yélé », j’ai été heureux de mon- trer à la face du monde que les ra- cines du reggae et de la musique cubaine sont bien sur le continent africain. Pour le démontrer, il fal- lait aussi faire cette jonction entre les styles et les sonorités cubaines dans « African Woman » et jamaï- caine dans « Yélé », avec des cho- régraphies et des couleurs notamment dans les costumes.

    Dans le cinéma vous excellez également avec la réalisation de musiques pour des films cultes et même des séries télé- visées américaines. Est-ce que cela faisait aussi partie de vos projets de carrière « surdimen- sionnée » ?

    Je remercie particulièrement Sembène Ousmane pour m’avoir permis en premier d’utiliser ma voix et mon talent dans la réalisation d’une musique de film avec le long métrage « GUELEWAR », un film culte. Il a ouvert la voie pour d’autres échanges artistiques du genre notamment avec Peter Gabriel dans son album « Passion », puis Ridley Scott avec « la Chute du Faucon Noir » suivi de « Black Panther » entre autres. C’est la confirmation, à travers ses œuvres, que la musique africaine dans sa globalité est une musique d’échanges et d’ouverture. C’est avec le partage qu’on arrive à subli- mer le reste du monde. C’est le cas notamment avec « Souka-Naayo » dans lequel, la participation des « Screaming Orphans » est remarquablement riche d’échanges avec la musique celtique d’Irlande. La collaboration avec Barry Reynolds dans la composition de « Fanta » est une autre forme d’ouverture pour que la musique africaine au- thentique prenne sa place dans le concert des sonorités mondiales avec sa propre identité. Ça peut ne pas plaire à certains puristes mais c’est un cheminement qui doit permettre de trouver le juste milieu pour éviter que la culture africaine ne se fasse éclipser par les compositions venues d’ailleurs et qui, pourtant, ont pour source pour la plupart, les terres africaines. La musique africaine a des connexions entières avec tous les styles de musique du monde mais il faut savoir les descellés et cela n’est profitable qu’à ceux qui es- sayent de pousser loin leur curiosité.

    De nos jours beaucoup de so- norités et même des styles de danses renvoient tout le temps aux  bases  africaines,  qu’en pensez-vous ?

    Il y a une période où la musique africaine est partie à la conquête du monde avec notamment le suc- cès des précurseurs comme Féla Kuti, Manu Dibango, le groupe Xalam, Aly Farka Touré ou encore Doudou Ndiaye Rose avec son or- chestre de Tambours. Toutefois, sa diversité la rend inépuisable et elle est toujours fraiche dans la propo- sition de nouvelles sonorités dans l’air du temps. L’industrie mon- diale de la musique et de la culture, en général, est en perpétuelle mu- tation. Elle a besoin de se renouve- ler en permanence. L’Afrique dans ce cas, représente une source iné- puisable de décibels, de couleurs et d’énergie du fait notamment de sa jeunesse capable à tous égards de se projeter vers le futur. Ce dont a besoin le monde dans sa globalité notamment dans l’industrie cultu- relle n’existe nulle part ailleurs que sur le continent africain.

    Les deux années de pandé- mie de la Covid-19 ont chan- gé beaucoup de comporte- ments même dans la création artistique mais aussi dans la consommation. Il semble que l’industrie musicale en a tiré plus d’avantages que d’incon- vénients ?

    Les deux années pandémiques de la Covid-19 auront servi, au moins, à repenser le modèle économique dans l’industrie culturelle, en général et particulièrement dans la musique. La digitalisation dans certains domaines est devenue indispensable si on veut être à l’air du temps. En dehors de la musique toutes les formes d’arts et de spectacles s’adaptent à la digitalisation depuis la création jusqu’à l’exportation en passant par la présentation et la commer- cialisation. La Covid-19 nous a appris à réorganiser notre quoti- dien et notre environnement pro- fessionnel avec le digital. C’est un grand gain de temps, d’énergie et d’argent. Aujourd’hui, il est pos- sible de faire des concerts virtuels et nous avions d’ailleurs déjà anti- cipé sur le système de vente de nos produits dans le monde quelques temps auparavant. Il faut désor- mais que la nouvelle génération s’approprie ces nouveaux moyens digitaux pour pousser plus loin leurs recherches dans les réalisa- tions afin de placer davantage les œuvres africaines à l’autre bout du monde à la portée de tous. Les jeunes ont le devoir de saisir toutes les opportunités qu’offre le digital pour faire bien plus voir beaucoup mieux que leurs devanciers que nous sommes. Nous leur avons tendu la main, leur avons montré la voie en les invitant par ailleurs dans nos albums, nos concerts etc. A eux de dérouler maintenant et de nous surprendre positive- ment. Pour cela, il est indéniable qu’ils gardent la tête froide et daignent apprendre avec humi- lité leur propre histoire d’abord. La formation est un élément es- sentiel dans la transmission aux nouvelles générations, pour cela, il est important également de donner à la jeunesse une bonne lecture de l’histoire de l’Afrique. Avec une formation de pointe, un bon accompagnement et un enca- drement efficace, la transmission pourrait se faire dans de meil- leures conditions et ce, dans tous les métiers des arts et de la culture.

    Au Sénégal, l’industrie cultu- relle est très désorganisée et informelle. Pensez-vous que l’État a un rôle à jouer pour la rendre plus structurée ?

    Depuis plus de 2 ans déjà, je dis haut et fort que nous avons besoin de l’accompagnement de nos ins- titutions pour assainir et réguler l’environnement culturel africain. Ne serait-ce que sur la question des droits d’auteurs, des droits voisins etc. il y a un gros travail de régulation à faire pour permettre aux artistes de vivre pleinement leur art, quel qu’il soit. La situation sociale des artistes est très déplo- rable, ils sont souvent dans une atroce précarité. Nombreux sont les artistes qui ne parviennent pas à vivre dignement de leur art par ce manque d’encadrement et de structuration des métiers des arts et de la culture. La formation et la bonne structuration peut-être un bon levier pour organiser l’indus- trie culturelle sénégalaise. Les ar- tistes africains sont naturellement très imaginatifs et doués pour la création mais le déficit de forma- tion et d’accompagnement fait que très souvent, leur art peut-être mal exprimé ou alors peu audible selon le niveau et l’environnement social. Nous avons de grands co- médiens, des génies cinéastes, des musiciens et chanteurs émérites et de bons ingénieurs dont le talent ne se discute plus. Allez chercher cependant, ce qui nous empêche de renouveler régulièrement notre brillance au toit du monde. Il est urgent de créer un cadre d’échange instructifs, de transmission des savoirs entre les jeunes et les an- ciens, qui ont beaucoup à léguer pour la postérité.

    Baaba Maal après votre géné- ration, la relève est pour l’ins- tant quasi inexistante, n’est-ce pas un problème ?

    Il y a un vrai problème de re- lève qui se pose surtout dans le do- maine de la musique. On ne peut être fiers de nous que si l’on sent la montée dans l’excellence et le pro- fessionnalisme de la nouvelle gé- nération faisant plus et bien mieux que nous mais toujours avec humi- lité. Hors, ce n’est pas encore tout à fait le cas, à quelques exceptions près. Nous avons certes un travail à faire dans ce sens mais il faut que la volonté et la détermination se fasse aussi et surtout ressentir par les jeunes eux-mêmes pour sortir du cadre strictement natio- nal qui ne les aide pas vraiment à évoluer dans le monde. Avec la vitesse à laquelle le monde en gé- néral évolue, il est urgent d’arrêter cette hémorragie structurelle qui asphyxie le milieu des arts et de la culture en Afrique. Toutefois, je suis content de voir que des afri- cains binationaux, souvent très jeunes, reviennent régulièrement en Afrique pour prendre la place qui est la leur et jouer un rôle dans le développement du continent. C’est un acte louable, beau à voir et très noble, à encourager. L’Afrique est un continent merveilleux qui a la capacité de se réinventer, forte de sa jeunesse dynamique et de ses richesses en tous genres.

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